L'indice de lumination et la correction d'exposition

Cet article est le dernier d’une série de cinq sur l’exposition et les paramètres qui l’influencent. Vous devez absolument lire les billets précédents (exposition, ouverture, vitesse, ISO) avant de consulter celui-ci ! Comment mesurer l’exposition ? Comment la modifier ? Les réponses dans la suite de cet article !

 

Qu’est-ce que l’indice de lumination (IL) ?

C’est une manière de mesurer la lumière, tout simplement. A chaque fois que vous doublez l’exposition, vous augmentez d’1 IL et à chaque fois que vous divisez l’exposition par deux vous diminuez d’1 IL. Imaginons que deux lampes sont l’équivalent de 0 IL, si vous éteignez une lampe vous êtes à -1 IL et si vous allumez 4 lampes vous êtes à +1 IL.

1 IL n’est donc pas une quantité de lumière absolue, c’est une différence entre deux quantités de lumière. Sachez qu’il existe d’autres termes signifiant la même chose :

Indice de lumination (IL) = Exposure value (EV) = Stop

Certaines personnes disent également Diaph (pour diaphragme), mais cela n’a réellement de sens que si l’on parle de l’ouverture, utilisez plutôt les trois autres termes.

 

Utilisation avec différents paramètres

a) Ouverture

L’ouverture est sans doute le paramètre le plus compliqué à comprendre, on pourrait penser qu’une ouverture de f/4 laisse rentrer deux fois moins de lumière qu’une ouverture de f/2, or ce n’est pas le cas ! Il est inutile d’expliquer pourquoi, voici donc la liste des ouvertures qui correspondent à des paliers de +/- 1 Stop :

f/1.4, f/2, f/2.8, f/4, f/5.6, f/8, f/11, f/16, f/22, etc.

Entre chacune de ces ouvertures, il y a donc une différence d’1 IL.

Pour reprendre l’exemple précédent, il existe donc une différence de 2 stops entre f/4 et f/2. Une ouverture de f/4 laisse donc rentrer 4 fois moins de lumière qu’une ouverture de f/2 ! (et non pas 2 fois moins de lumière comme on pourrait le croire). On utilise en général des stops et des tiers de stops, c’est pour cette raison qu’il existe également des ouvertures intermédiaires comme f/6.3 ou encore f/9.

b) Vitesse

Pour la vitesse d’obturation, c’est assez intuitif : si vous doublez le temps de pose, vous augmentez l’exposition d’1 stop. Si, par exemple, vous augmentez votre temps de pose en passant d’1/100s à 1/50s, vous augmentez l’exposition d’1 stop ; à 1/25s, vous augmentez l’exposition de 2 stops et ainsi de suite. Tout comme pour l’ouverture, il existe des valeurs intermédiaires qui ne correspondent pas à des stops entiers.

c) ISO

Encore une fois, c’est assez intuitif : si vous divisez la sensibilité ISO par 2, vous diminuez l’exposition d’1 stop. Si, par exemple, vous passez d’une d’ISO 1600 à ISO 800, vous diminuez l’exposition d’1 stop ; à ISO 400, vous diminuez l’exposition de 2 stops et ainsi de suite.

Des sensibilités ISO intermédiaires existent également, mais vous ne pouvez pas les sélectionner manuellement sur la plupart des APN (appareil photo numérique) ! Sur le Canon EOS 550D par exemple, la sensibilité ISO passe directement de 100 à 200, puis à 400 et ainsi de suite. Attention, cela ne signifie pas que cet appareil n’est pas capable d’utiliser des sensibilités ISO intermédiaires, mais simplement qu’on ne peut pas les sélectionner manuellement ! C’est une raison de plus, d’utiliser le mode ISO Auto dans la plupart des situations, puisqu’il peut sélectionner avec plus de précision la sensibilité ISO à utiliser.

ISO 1000, f/5,6, 1/125s, Canon 55-250 f/4 - 5.6 IS à 96 mm, Canon EOS 550D

ISO 2500, f/5.6, 1/320s, Canon 55-250 f/4-5.6 IS à 250 mm, Canon EOS 550D

d) Les flashs

Lorsque vous utilisez un flash, vous pouvez également modifier sa puissance : si vous doublez la puissance ce celui-ci, vous augmentez l’exposition du cliché d’1 stop. Rien de bien compliqué !

e) Un petit mot sur les objectifs

Vous devez maintenant comprendre pourquoi certains objectifs sont plus chers et plus désirés que d’autres. Imaginons deux 50 mm, le premier dispose d’une ouverture maximale de f/1.4 alors que le deuxième se contente de f/2.8.

Vous prenez une photo en fin de journée et la lumière manque, vous utilisez les paramètres suivants avec le premier objectif : 1/50s, f/1.4 et ISO 400. Le cliché est propre et sans trop de bruit.

Si, dans cette même situation, vous utilisez le deuxième objectif et son ouverture plus faible, vous seriez obligé de pousser la sensibilité ISO à 1600 pour avoir la même exposition ! En effet, il y a une différence de 2 stops entre une ouverture de f/1.4 et f/2.8, il faut donc compenser en augmentant la sensibilité ISO de 2 stops. L’image sera donc bruitée et bien moins belle que dans l’exemple précédent.

f) Concrètement

Comprendre l’indice de lumination est essentiel pour utiliser le mode manuel de votre appareil photo. Si, par exemple, vous souhaitez modifier votre vitesse d’obturation, tout en maintenant la même exposition, il faudra compenser en modifiant un autre paramètre.

Par exemple : je prends une photo avec les paramètres suivants : 1/50s, f/4, ISO 400. Je décide ensuite d’utiliser une ouverture plus grande de f/2.8 (+ 1 stop) pour avoir une profondeur de champ plus faible, il faudra alors que je baisse ma sensibilité ISO à 200 (- 1 stop) ou que j’augmente ma vitesse d’obturation à 1/100s (- 1 stop) pour maintenir la même exposition.

L’indice de lumination est également utile dans d’autres situations. En effet, dans tous les modes créatifs, il peut servir à connaître l’impact qu’aura la modification d’un paramètre sur les autres. 

Par exemple : je suis dans le mode priorité à l’ouverture (A ou Av) et j’utilise les paramètres suivants : 1/50s, f/5.6, ISO 800.  Ma longueur focale est de 35 mm et je voudrais utiliser une ouverture de f/11 pour avoir une plus grande profondeur de champ. Il y a une différence de 2 stops entre f/5.6 et f/11, je vais donc diviser par 4 la quantité de lumière reçue par mon capteur. Pour compenser, mon boitier va augmenter ma sensibilité ISO à 3200 (ISO 800 + 2 stops = ISO 3200) vu que ma vitesse d’obturation est déjà à sa limite basse (si j’utilise un temps de pose plus lent, j’aurai sans doute du flou de bougé). Sur la plupart des APN, une telle sensibilité ISO produit des images très bruitées et peu flatteuses.

Connaissant, à présent, les conséquences de cette modification, je vais probablement, utiliser une ouverture plus grande comme f/8, ce qui limitera la montée en ISO à 1600. Ma profondeur de champ ne sera pas aussi grande qu'avec f/11, mais elle sera déjà moins étroite qu'avec f/5.6. Une autre possibilité serait d’utiliser un trépied, afin d’utiliser une vitesse d’obturation plus faible et ne pas avoir à monter en ISO. 

Tous ces petits calculs peuvent sembler un peu complexes dans un premier temps, mais je vous assure qu’avec un peu de pratique, tout devient naturel et très simple.

 

Qu’est-ce que la correction d’exposition ?

Avant de commencer, rappelez-vous que votre appareil photo mesure constamment l’exposition des scènes que vous photographiez (il existe d’ailleurs plusieurs modes de mesure). C’est grâce à ce système qu’il est capable de régler automatiquement un ou plusieurs paramètres de l’exposition dans les modes créatifs afin d’obtenir une exposition normale du cliché.

La correction d’exposition vous permet d’obliger votre APN à sur ou sous-exposer vos clichés par rapport à l’exposition qu’il a calculée. Cette fonction est disponible dans tous les modes créatifs excepté le mode manuel. Il influe uniquement sur les paramètres que vous ne contrôlez pas manuellement :

  • En priorité à l’ouverture (A, Av), il va modifier le couple ISO/vitesse d’obturation
  • En priorité à l’obturation (S, Tv), il va modifier le couple ISO/ouverture

Je ne vais pas vous parler du mode programme d’exposition automatique (P) aujourd’hui, il n’est pas très utile et je ne vais pas compliquer davantage ce billet riche en informations ! Si vous choisissez manuellement une sensibilité ISO, la correction d’exposition ne pourra plus influencer ce paramètre.

 

Un peu de pratique

Pour utiliser la correction d’exposition, il suffit d’appuyer sur le bouton dédié à cet effet ( Av +/- chez Canon) et de tourner la molette.

Chaque cran de la molette correspond à un tiers de stop. Sachez également que certains appareils haut de gamme dispose d'une deuxième molette dédiée à la correction d'exposition dans les modes semi-automatiques. 

 

Pourquoi l’utiliser ?

On utilise la correction d’exposition lorsque :

  • L’image est trop sombre
  • L’image est trop claire
  • Les hautes lumières sont surexposées (cramées)
  • Les ombres sont sous-exposées (bouchées)

Les deux derniers cas sont en lien avec la dynamique de votre capteur, j’en parlerai en détail dans un article dédié !

Votre appareil ne peut pas deviner à quoi vous voulez que votre image ressemble, il faut donc lui dire en utilisant la correction d’exposition ! Ainsi, vous pouvez profiter de la simplicité des modes semi-automatiques (A, S, P) tout en contrôlant avec précision l’exposition de vos clichés. De cette manière, vous n’avez pas besoin de passer en mode manuel à chaque fois que vous voulez obtenir une image plus sombre ou plus claire.

 

Nous sommes à présent à la fin de cet article un peu technique et un peu long. J’espère que vous avez bien compris la notion de stop (ou IL ou EV) et que la correction d’exposition n’a plus de secrets pour vous. Vous maîtrisez maintenant l’exposition ! Félicitations ! Si vous avez des questions, ou si vous souhaitez tout simplement dire à quel point cet article est génial (ou nul), vous pouvez laisser un commentaire juste en dessous. N’hésitez pas à partager l’article sur les réseaux sociaux et à en parler à vos amis, je vous dis à bientôt et bonne photo !